Entretien avec le Président de l'UNSA Albert Marouani.

A la demande du collectif Sauvons-La-Recherche 06, le Président de l'Université de Nice Sophia-Antipolis, M. Albert Marouani, a reçu une délégation de SLR composée de deux enseignant-chercheurs de l'UNSA, d'un chercheur CNRS, d'un chercheur de l'INRIA et d'un chercheur post-doctorant UNSA ce mercredi 23 mars.

Réaction à la Loi d'Orientation et de Programmation de la Recherche et de l'Innovation (LOPRI).

A cette occasion, le Président nous a d'abord assuré de son soutien au mouvement Sauvons-La-Recherche et à la nouvelle pétition 2005 intitulée "Nous Sauverons La Recherche", notamment sur les questions du budget global alloué à la recherche et des créations de postes d'enseignant-chercheurs et de chercheurs (qui restent très nettement en-deçà des recommandations européennes et des demandes formulées par les Etats Généraux de la recherche).
Si le Président Marouani est très favorable à la valorisation de la recherche, il n'en a pas moins souligné que cette valorisation n'était envisageable que sur la base d'une recherche fondamentale forte, "qui permettra à la France de se maintenir dans le peloton de tête des nations européennes et de ne pas se retrouver en simple situation de pays suiveur". Sur tous ces points, il apparaît que M.Marouani partage les inquiétudes de SLR face au projet de la LOPRI.


L'UNSA et Sauvons La Recherche 06

La délégation SLR a obtenu l'accord de principe du Président pour l'accès du collectif au mailing de l'UNSA, de façon à assurer l'information de tous les acteurs de l'Université en ce qui concerne les réunions et actions de SLR-06. Nous tenons également à remercier M. Marouani pour son autorisation d'utiliser la reprographie de l'UNSA pour imprimer du matériel d'information (tracts annonçant des assemblées générales par exemple). A cette occasion, le Président a également affirmé sa volonté de développer les outils de communication au sein de l'Université (intensification de l'intranet, aide à la publication de journaux étudiants, création d'une radio et d'une télévision) et précisé que SLR aurait accès à ces médias de diffusion de l’information.

Par ailleurs, la délégation a également soumis l'idée d'associer SLR-06 au Conseil Scientifique de l'Université en tant qu'invité permanent. Le Président s'est montré favorable à cette idée, et a proposé que cette requête soit déposée lors du prochain CS, dont l'ordre du jour prévoit justement le choix des invités permanents.


La place de l'UNSA dans les pôles de compétitivité et les Pôles de Recherche et d'Enseignement Supérieur (PRES)

La discussion a ensuite porté sur la participation de l'UNSA à 7 (ou 8?) candidatures de pôles de compétitivité en PACA, sur les 11 ou 12 présentés. Pour mémoire, l'objectif d'un pôle de compétitivité est d'élaborer un ou plusieurs produits finis tout en évitant la délocalisation des entreprises et en favorisant l'emploi local; les pôles de compétitivité comprennent des partenaires privés et publics, dont les universités.
Rappelant qu’un atout majeur de l’UNSA réside dans sa pluridisciplinarité et la qualité de ses composantes, le Président Marouani a affirmé sa volonté d'associer à chacun de ces pôles de compétitivité tous les laboratoires ou départements de l'UNSA qui en ont fait la demande, quelle que soit leur discipline de rattachement, ainsi que, de façon systématique, un ou plusieurs laboratoires de Sciences Humaines et Sociales, dans le but de développer l'Université dans son ensemble. Ces critères ont conditionné le soutien de l'UNSA à la candidature de ces pôles. Le résultat de l'appel d'offre sera connu en juin prochain.

Une des craintes de SLR était que la participation importante de l'UNSA à ce type de pôles à vocation de développement économique rende difficile sa participation conjointe au développement de la recherche fondamentale dans la région, pour des questions de moyens.
Au sujet des PRES, le Président considère que les universités qui se sont engagées dans cette démarche sont celles qui, en raison de la présence de plusieurs universités dans une seule métropole, ont besoin de créer des coopérations fortes. Pour notre université la question se pose différemment: M. Marouani a affirmé qu'un PRES ne saurait être mono-thématique mais devrait comprendre de nombreuses disciplines d'enseignement et de recherche, ce qui est en phase avec une revendication claire des EG de la recherche. Ceci est d'autant plus important que dans le projet de la LOPRI, les PRES sont prioritaires pour ce qui concerne l'attribution des crédits contractuels par l'ANR (sur les axes de recherche favorisés et tels que définis par l'ANR)

Le deuxième souhait du Président est que le rôle de l'Université dans l'organisation, la politique scientifique et la gestion des PRES soit prépondérant, notamment par le biais d'une représentation importante au sein des comités de pilotage. Par conséquent, les PRES tels qu'ils sont proposés dans la LOPRI ne sont pas satisfaisants pour M. Marouani.
Dans le même contexte, il revendique, à l'instar de la Conférence des Présidents d'Universités (CPU), une plus grande autonomie des universités dans la politique scientifique, et donc, dans la ventilation des crédits de fonctionnement vers les différents laboratoires dépendants de l'Université. Sur ce point, les Etats Généraux de la Recherche souhaitaient au contraire une évaluation et une attribution des crédits centralisées.

Dans un registre voisin et à son initiative, le Président a également affirmé sa volonté de concertation avec l’ensemble des organismes de recherche publics locaux, afin d’aider l'UNSA à réfléchir à une nouvelle politique de recrutement et d'évaluation des enseignant-chercheurs, afin d'aboutir à une répartition des postes conforme à la politique scientifique de l'Université.